Projection du film “Today I’m with you” de Sirkka-Liisa Konttinen

05 décembre 2019
Nocturne du jeudi jusque 21:00
Gratuit, sur réservation
Dans le cadre de l’exposition Home Sweet Home, l’Institut programme lors de sa nocturne du jeudi 5 décembre Today I’m with you, film finlandais réalisé par Sirkka-Liisa Konttinen, produit par Amber Films et sorti en 2010.
 
Synopsis :
 
Au cours des années 1970, Sirkka-Liisa Konttinen a documenté les rues de Byker (une circonscription électorale du centre-ville de Newcastle upon Tyne dans le comté de Tyne and Wear, en Angleterre) qui ont été démolies pour laisser la place au domaine visionnaire de Ralph Erskine à la fin de cette décennie.
 
En 2005, Sirkka-Liisa Konttinen est revenue, initialement invitée il y a un an ou deux par des agents communautaires qui utilisaient ses photographies pour expliquer aux demandeurs d’asile l’historique de l’endroit où les politiques de dispersion du gouvernement britannique les avaient envoyés.
 
Négociant un voyage individuel à travers le nouveau Byker, Sirkka a invité les gens à imaginer leur vie dans «une seule image», puis a développé les idées lors de séances improvisées et parfois chaotiques avec les participants.
 
>> Film documentaire de 54 minutes.
 
Projection de 19:00 à 20:00
 

*Sirkka-Liisa Konttinen est d’origine finlandaise. Elle intègre l’école Regent Street Polytechnic film de Londres à la fin des années 1960 où elle rencontre Murray Martin (1943-2007, cinéaste documentaire) et Graham Denman (cinéaste). Le trio décide de former un collectif, Amber, et s’installe en 1969 à Newcastle-upon-Tyne, ville industrielle du Nord-Est de l’Angleterre. Amber fonctionne sur le modèle collectif de la photographie communautaire. Son objectif est de documenter la vie et la culture des communautés ouvrières, à la fois dans un « esprit de dénonciation » et de préservation de leur mémoire alors que déclinent les emplois manufacturiers dès les années 1970. Lors d’une série d’expositions rétrospectives de son travail, Amber réaffirme cet engagement en 1995 :

« Notre ambition initiale, en tant que réalisateurs et photographes, de travailler ensemble et de produire des documents sur la vie des ouvriers de la région, en s’impliquant dans une relation longue et continue avec les communautés locales, est restée intact. »

Les activités du groupe sont multiformes, entre films et photographies documentaires, archives, atelier cinématographique, salle de cinéma et espace d’expositions – la Side Photographic Gallery – dédiée autant à la photographie régionale qu’internationale. Bien qu’engagé et militant, le collectif revendique une vision artistique et subjective dans son travail parce que, comme le dit Murray Martin, « […] l’artiste est le porte-parole de la communauté […] ». Ils abordent le documentaire selon la définition qu’en donnait John Grierson (producteur et réalisateur – 1898-1972) : « « […] je vous demande de vous rappeler que travailler sur la réalité ne veut pas dire reproduire mais interpréter. Nous devons lui donner une forme créative

[…] C’est toujours bien si cette interprétation est une vraie interprétation, c’est-à- dire qu’elle doit mettre en lumière les faits, elle doit les rendre vivants, elle doit indiquer de manière précise et approfondie la relation humaine qui nous lie à eux. »

L’esthétique du collectif puise aux sources de la tradition documentaire britannique des années 1930, de John Grierson ou de Mass Observation. Teintée parfois de romantisme, les images sont une célébration constante de la classe ouvrière. À partir de la moitié des années 1970, elles ont pour objectif, d’une part, de dénoncer « l’impact de certaines décisions sociales et politiques sur la vie des gens » et d’autre part, d’enregistrer une culture, une manière de vivre, « avant et pendant le processus d’une destruction forcément délibérée ».

Amber Collective, contrairement aux autres photographes communautaires comme Jo Spence, ne donne pas la caméra ou l’appareil photo à la population pour qu’elle se représente elle-même. Murray Martin explique que « souvent, les gens veulent qu’on disent des choses sur eux ou qu’on parle en leur nom mais ils n’ont pas nécessairement les compétences ou l’envie de le faire eux-mêmes. »

Quarante ans après leur installation, Amber et la galerie Side qui s’y rattache existent et travaillent toujours à Newcastle-upon-Tyne.

 
+ toutes les expositions dans le cadre de extraORDINAIRE ouvertes et en accès libre jusqu’à 21:00.